France

Publié le 17 Mars 2013

Données
  • Les données d'incidence pour la France ne sont pas très uniformes. Au début, la déclaration des cas était obligatoire. Ensuite le nombre de cas total a été estimé sur base d'un échantillon. Enfin, ces dernières années la déclaration des cas est à nouveau obligatoire. Tout cela est expliqué en long et en large sur le site de l'INVS:

http://www.invs.sante.fr/publications/rougeole/page2.html

La rougeole a été inscrite dans la liste des maladies à déclaration obligatoire dès 1945. L'Institut National d'Hygiène puis l'INSERM ont été chargés de l'exploitation des résultats au niveau national.
Il n'y avait pas de définition de cas. Le nombre de déclarations a régulièrement diminué, entre 1946 et 1965, avant même que ne soit introduite la moindre vaccination. Ceci a d'ailleurs servi d'argument aux ligues antivaccinales pour affirmer (!) que la rougeole diminuait spontanément, sans vaccination. En réalité, la maladie était très fréquente, et les déclarations n'étaient pas faites. Par exemple, 13.255 cas étaient déclarés en 1960, 9.103 en 1965 et 1.747 en 1975. La déclaration a continué de se détériorer au point qu'en 1980 seulement 1.244 cas étaient déclarés alors que lors de l'Enquête Santé 1980, on a estimé l'incidence à 484.000 cas. Cette situation est apparue suffisamment ridicule aux autorités de santé pour qu'en 1986, lors de la révision de la liste des maladies à déclaration obligatoire, la rougeole ait été exclue de cette liste.
Il faut reconnaître que l'inclusion de la rougeole dans la liste des maladies obligatoires alors qu'aucune activité de prévention n'était menée était discutable. L'incidence de la maladie était très élevée. Les médecins n'étaient guère motivés, la déclaration d'un cas demandant du temps et entraînant le plus souvent une requête de renseignements complémentaires souvent mal vécue.
Un système privé d'estimation du nombre de cas est mis en place depuis 1974 et relève les diagnostics portés par un échantillon de médecins privés, généralistes et pédiatres, ainsi que leurs prescriptions. L'ordre de grandeur des estimations parait plus raisonnable que celui des déclarations obligatoires, de l'ordre de 400.000 cas jusqu'en 1984, alors que le début des activités sérieuses de vaccination commence en 1983. Il reste cependant largement inférieur à l'effectif d'une cohorte annuelle de naissances de l'ordre de 750.000, qui, en l'absence de vaccination, devrait correspondre au nombre moyen de cas de rougeole annuels.
Il faut cependant reconnaître qu'on n'a pas d'information sur le pourcentage de rougeole qui n'ont pas recours à des soins pendant la maladie, et qui échappent donc à toute surveillance.
Depuis 1985, un réseau sentinelles de médecins généralistes dont le système de recueil des données sera présenté ultérieurement, évalue également l'incidence de la rougeole. Les résultats de ces différents systèmes sont légèrement différents, le réseau sentinelles montrant des incidences toujours supérieures au système privé.


	Le même document montre les données de décès recueillies par l'INSERM. Grosso modo, si on compare avec les données d'incidence, on trouve bien un taux de létalité compris entre 0.1 et 1/1000 malades.
	Pour la couverture vaccinale entre 1979 et 2000, on peut se référer à


http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=322


	La France a connu en 2008-2011 une épidémie de rougeole importante


http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Rougeole/Points-d-actualites/Archives/Epidemie-de-rougeole-en-France.-Actualisation-des-donnees-de-surveillance-au-15-janvier-2013

Depuis le 1er janvier 2008, plus de 23 000 cas de rougeole ont été déclarés en France, distribués en trois vagues épidémiques. Pour l’année 2011, 14 966 cas ont été notifiés, dont 714 ont présenté une pneumopathie grave, 16 une complication neurologique et 6 sont décédés. La forte décroissance du nombre des cas notifiés entre mai et octobre 2011 signe la fin de la 3ème vague.
En 2012, 859 cas ont été notifiés sans pic épidémique notable au printemps et depuis, le nombre de cas a diminué.

Cette épidémie est liée à un défaut de couverture vaccinale. En effet, la France n'atteint pas le seuil d'immunité de groupe.

Graphes
décès liés à la rougeole en France (http://www.invs.sante.fr/publications/rougeole/page2.html)
décès liés à la rougeole en France (http://www.invs.sante.fr/publications/rougeole/page2.html)

décès liés à la rougeole en France (http://www.invs.sante.fr/publications/rougeole/page2.html)

Incidence estimée de la rougeole en France (http://www.invs.sante.fr/publications/rougeole/page2.html)

Incidence estimée de la rougeole en France (http://www.invs.sante.fr/publications/rougeole/page2.html)

Cas de rougeole par mois - Déclaration obligatoire, France, Janvier 2008 – Décembre 2012 (données provisoires pour décembre 2012)

Cas de rougeole par mois - Déclaration obligatoire, France, Janvier 2008 – Décembre 2012 (données provisoires pour décembre 2012)

Couverture vaccinale (http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=322)

Couverture vaccinale (http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=322)

Evolution de l'incidence en fonction de la couverture vaccinale

Evolution de l'incidence en fonction de la couverture vaccinale

Autres liens

L'épidémiologie de la rougeole en France a été étudiée selon un modèle de type SIR (modèles à compartiments, déterministe. S est pour susceptible, I pour infected et R pour recovered)

http://www.invs.sante.fr/publications/journees/1/levybruhl/index.html

http://www.invs.sante.fr/beh/1997/9729/beh_29_1997.pdf

Ce genre de modélisation sert à anticiper les épidémies qui peuvent se produire lorsque la couverture vaccinale n'est pas optimale, et à réfléchir à de possibles améliorations des recommandations vaccinales.

Rédigé par Julie

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