Bidouillage suisse de l'étude Kiggs

Publié le 18 Août 2013

ou encore "utilisons une partie des données de l'étude, faisons comme si les autres données n'existaient pas, et créons nos propres données",

Le billet d'introduction commençait par

Si vous vous intéressez aux discussions internet portant sur la vaccination, vous pourriez tomber à un moment ou un autre sur une affirmation du type
"L’institut Robert Koch a mené une enquête auprès de 18 000 enfants (étude Kiggs), qui démontre que les enfants non vaccinés sont en bien meilleure santé".
Affirmation acommpagnée d'un lien qui renvoie, non pas au compte-rendu de l'étude Kiggs par l'institut Koch, mais à l'un ou l'autre document créé par des militants ant
i-vaccins...

Bien souvent, ce lien est le suivant:
http://www.alis-france.com/download/courrier_alis_75-27-35.pdf

Il s'agit d'une lettre d'information d'une association anti-vaccinaliste. Passons la première partie du document qui fera l'objet du quatrième billet de la série consacrée à l'étude Kiggs, pour aller directement en page 34 et à l'étude d'Andreas Bachmair. Sa fonction d'homéopathe est mise en avant. Il s'agit sûrement d'un gage de sérieux pour les personnes opposées à la vaccination...

Sans surprise:

  • Andréas BACHMAIR conclut que les enfants vaccinés font 2 à 5 fois plus de maladies que les non vaccinés.

  • Nous invitons le lecteur à regarder les graphiques présentés sur le site vaccineinjury.

Une telle invitation ne se refuse pas! Voilà un des graphiques présentés sur le site:

Bidouillage suisse de l'étude Kiggs

On comprend donc que les données pour les enfants non vaccinés et les enfants vaccinés proviennent de sources différentes.
Les données pour les enfants vaccinés proviennent en partie de l'étude Kiggs.
En ce qui concerne les données pour les enfants non-vaccinés:

  • Le travail du groupe suisse n’est pas terminé, un questionnaire est d’ailleurs en ligne, chacun peut le remplir et l’envoyer afin de grossir les informations recueillies. L’étude, totalement indépendante, faite à partir d’un questionnaire via Internet, en Europe et aux Etats-Unis, a porté sur 9 334 participants d’une quinzaine de pays, divisés en plusieurs groupes d’âge.

En clair, des gens de tous pays et qui ont fort probablement par avance une sympathie pour les idées anti-vaccinalistes (puisqu'ils atterrissent sur le site de l'homéopathe anti-vaccinaliste) remplissent, seul derrière leur écran, un questionnaire en ligne concernant leur enfant non vacciné.
Il est évident qu'en procédant de la sorte, on ne peut pas obtenir des échantillons représentatifs de l'une ou l'autre population, ni des réponses exploitables. Non seulement, n'importe qui peut y rentrer n'importe quoi (pas de dossier médical à lire, pas de médecin pour discuter avec les parents), mais les gens qui vont remplir le questionnaire auront une tendance naturelle, un biais, à penser que leur enfant non vacciné est en meilleur santé que l'enfant vacciné du voisin, parce que ça colle à leur croyance.
C'est un peu comme de faire un sondage pré-électoral à la sortie du meeting d'un des deux candidats au second tour de la présidentielle française, ou auprès d'américains sur la même question des élections françaises, et d'en tirer une conclusion pour la population générale française. C'est tout simplement n'importe quoi.

La comparaison avec les données de l'étude Kiggs est donc par avance complètement absurde, puisque les données de Bachmair ne sont pas exploitables. De plus Bachmair semblent oublier fort opportunément qu'il existe un échantillon que l'on peut comparer avec les vaccinés de l'étude Kiggs... Il s'agit tout simplement des non vaccinés de l'étude Kiggs!

Prendre une partie des données d'une étude, oublier l'autre partie et la remplacer par ses propres données inexpoitables, ce n'est pas crédible...

Rédigé par Julie

Publié dans #debunking, #Kiggs

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